La consolidation bancaire paneuropéenne : nécessité et dangers
30/11/2020
Retrouvez ma chronique dans la Revue Banque de décembre 2020, n°850
La Banque centrale européenne (BCE) appelle de ses vœux des concentrations bancaires en Europe. Il est effectivement souhaitable pour l’efficacité de la politique monétaire d’avoir des marchés financiers ainsi qu’un système bancaire plus intégrés en Europe. Cela contribuerait de fait à une meilleure régulation de la zone euro.
Pour engager ce processus, la BCE travaille actuellement à un assouplissement du cadre prudentiel relatif à la consolidation du secteur bancaire. L’institution monétaire a consulté les parties prenantes sur ces nouvelles orientations, en particulier sur les exigences de fonds propres et de liquidités qui n’encouragent pas à l’heure actuelle le secteur à des mouvements transfrontaliers.
Si la Place salue ces avancées, d’autres questions peuvent se poser qui freinent l’apparition d’une vraie dynamique de rapprochement et l’émergence de grandes banques paneuropéennes.
Premièrement, les rapprochements transfrontaliers ne permettent pas toujours de réaliser des économies d’échelle significatives dans la mesure où la réglementation et la fiscalité des produits bancaires et financiers au sein de l’Union européenne restent très différentes. Les économies d’échelle en termes d’infrastructures n’opèrent ainsi quasiment jamais : les systèmes informatiques restent majoritairement domestiques. L’on peut décliner cette problématique dans d’autres domaines.
Deuxièmement, comme on a pu le constater par le passé dans de grands groupes, dans de nombreux secteurs d’activité, les fusions n’aboutissent pas forcément à une efficacité plus grande. Plus d’une fusion sur deux ne crée pas de valeur et en détruit même. La course à la taille n’est donc pas toujours intrinsèquement favorable.
Enfin, et même d’un point de vue de stabilité financière, qu’en est-il du « too big to fail » que les régulateurs mettaient en avant, non sans raison, après la crise de 2008-2009 comme un gage de sécurité ? N’est-il pas contre-intuitif de vouloir créer des groupes bancaires encore plus imposants alors qu’il serait encore plus difficile de ne pas les soutenir en cas de crise bancaire et financière majeure ?
Ces questions méritent d’être bien mises à plat et partagées pour poursuivre de façon appropriée la recherche souhaitable de grands acteurs bancaires européens.
Lire l’article sur le blog d’Olivier Klein
Olivier Klein
Directeur Général de la BRED et professeur de macroéconomie financière et de politique monétaire à HEC
Voir d'autres actualités
Octobre 2026 - C'est sous la surface que ça se passe
Octobre n'est plus ce qu'il était... la plupart des grands indices finissant dans le vert des deux côtés de l'Atlantique, à savoir +0,1% pour notre Cac 40... un Dax allemand à +2,5%, un indice large européen Stoxx 600 à +1,9%, et sur l'autre rive un Dow Jones des grandes valeurs US à +1,7%. Mais un S&P 500 à -0,9%... et le Nasdaq, qui a perdu quant à lui -5,3% en octobre, ce qui commence à faire beaucoup.
L’INDUSTRIE PEUT-ELLE SAUVER LA FRANCE ?
Alors que la France affiche pour le troisième trimestre consécutif une croissance décevante relevant relève de faiblesses en interne, le secteur industriel offre quelques ilots de résistance. Après la lente agonie qu’a subi ce secteur depuis plusieurs décennies, le déclin semble s’être interrompu et la transition énergétique pourrait bien soutenir ce regain.
Investir en 2027 : diversification, obligations et sélectivité au cœur des convictions de Promepar AM
Après une année 2026 marquée par la bonne tenue des marchés actions, dans un contexte de remontée des taux souverains et de performances concentrées sur un nombre limité de valeurs, quels repères pour les allocations équilibrées en 2027 ?
